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La construction d’un centre sportif en Haïti peut-elle aider les haïtiens pour une politique plus stable ?



La situation : Ensemble d’îles étirées sur environ 4700 Km, les Antilles décrivent une large parabole entre l’Amérique du nord et l’Amérique du sud. [IMAGE]. L’archipel est divisé en trois ensembles : Les Caraïbes

- Les petites Antilles, ou îles du Vent sont situées à l’Est - Les îles sous le Vent au Sud - Les grandes Antilles, qui nous intéressent ici regroupent les principales îles de l’archipel. Haïti se trouve dans les grandes Antilles en Amérique centrale avec Cuba, Puerto Rico, La République Dominicaine et la Jamaïque. Les volcans ont donné naissance à ces îles c’est pourquoi la végétation y était luxuriante et la faune, exotique. L’exploitation coloniale des ressources naturelles (à partir du 16ième siècle et de l’agriculture de plantations (canne à sucre, riz, café, cacao, coton etc..) ont laissé des séquelles toujours pas réparer. Les différents bassins (Yucatan, colombien etc.…) démarqués par ces îles volcaniques forment la mer des Caraïbes. L’île centrale des grandes Antilles a été baptisée « la Espaniola » par Christophe Colomb en 1492. Par la suite le nom a été déformé en « Hispaniola » mais c’est le nom d’origine amérindienne, Haïti qui signifie chez les indiens Taïnos « Terres montagneuses » qui lui est préféré. Dans le massif de la Selle, le mont le plus haut se situe à 2680 mètres. La seconde montagne de l’île, dans le massif de la Hotte culmine à 2350 mètres ce qui explique le climat plutôt humide des régions environnantes. Et c’est dans l’île de Gonâve, très peu élevé, qu’on rencontre les climats les plus secs avec une température moyenne annuelle de 30°C. L’Artibonite et le Yaque de Norte, avec plus de 200 Km, sont les principales rivières du pays. Haïti se trouve malheureusement sur la route des ouragans, tels que Allen (1980), Georges (1998) et récemment Jeanne (2004) qui font énormément de victime. Les tempêtes empêchent le développement de l’agriculture.

Historique : A l'origine, l'île d'Haïti était habitée par des indiens de la tribu des Arawaks. Découverte en 1492 par Christophe Colomb, elle fut colonisée par les Espagnols à la recherche de métaux précieux. A partir de 1697, les Français s'installèrent dans la partie ouest de l'île d'Hispaniola, qu'ils baptisèrent Saint-Domingue. Ils firent venir d'Afrique la main-d'oeuvre noire dont la robustesse physique répondait mieux aux durs labeurs des plantations de canne à sucre, de café, de coton, etc., qui faisaient alors la richesse des métropoles. Très rapidement les colons se retrouvèrent en minorité au milieu des esclaves. Ils conservaient leur pouvoir par des chantages et par la force. Cependant, en 1791, les esclaves noirs se révoltèrent et, sous la conduite de chefs prestigieux, tels que Toussaint Louverture , Jean-Jacques Dessalines, et quelques autres encore, menèrent une guerre qui aboutit en 1804 à la proclamation de l'Indépendance.

L’histoire politique d’Haïti a été très controversée. Il y a eu 42 constitutions et presque autant de présidents, qui ont été soit expulsé, soit renversé ou encore assassiné. Jean-Jacques Dessalines par exemple, leader de l’indépendance a été assassiné en 1806, il n’aura fait que 2 ans au pouvoir. Après son assassinat, le pays se scinda en deux parties : au nord, un royaume dirigé par Henry Christophe et au sud gouverné par un mulâtre Alexandre Sabès dit Pétion. Le successeur de Pétion, Jean-Pierre Boyer parvint à réunifier les deux parties de l’île en 1822. En 1844, l’Est se sépara de l’ouest en devenant la République Dominicaine tandis que l’ouest devenait la république d’Haïti. L’exportation des richesses du pays durant cette centaine d’année, et l’indemnité que le pays a du verser aux français pour son indépendance l’a profondément appauvri. Les français étant parti, les mulâtres et les noirs n’ont jamais trouvé d’équilibre pour diriger la république. Faustin Soulouque qui se nomma Faustin 1er traita sévèrement les mulâtres. Il fut renversé par Nicolas Geffrard, un mulâtre, en 1859, ce dernier gouverna jusqu’en 1867. Jusqu’en 1910, le pays, alors gouverné par les métis, connut une période de richesse relative. Les USA déjà présent en République Dominicaine commencèrent à s’intéresser à cette île prometteuse. Ils construisirent des voies de chemins de fer et commencèrent à expulser les paysans sans autorisations. Les Etats-Unis occupèrent militairement Haïti le 28 juillet 1915. En 1918, tout le pays était en état d’émeute. On estime que la guérilla fit 15’000 morts. Les Etats-Unis furent contraints de quitter l’île en 1934. Ils avaient tenté d’apporter quelques techniques modernes ; les infrastructures routières, de meilleures techniques agricoles, et un développement du réseau téléphonique.

Arrivé au pouvoir en 1945, Dumarsais Estimé fut renversé en novembre 1949 par une junte militaire (milice armée). Le pouvoir resta entre les mains de l’armée jusqu’en septembre 1957. Date à laquelle François Duvalier, dit « Papa Doc », un ancien membre du gouvernement Estimé, fut élu président. Le régime fut très répressif. Le gouvernement Duvalier s’appuyait sur une milice paramilitaire, les Volontaires de la Sécurité Nationales, surnommés « les Tontons Macoutes », qui neutralisa l’armée, sema la terreur chez les opposants et parvint à supprimer toute résistance. Le 8 avril 1961, les USA suspendirent leur aide en signe de désaccord avec la dictature de Duvalier. Malgré les tentatives de « l’armée des exilés haïtiens » pour provoquer un soulèvement populaire, Duvalier se proclama, en 1964, président À VIE. En 1971 l’assemblée nationale permit à Duvalier de désigner son fils Jean-Claude Duvalier « Baby Doc » comme successeur. Papa Doc mourut le 21 avril 1971, Baby Doc reprit la présidence à l’age de 19 ans. Il continua la politique de son père avant de faire une petite libéralisation du gouvernement. Mais le régime maintenu tellement la population dans la misère que beaucoup partirent vers les Etats-Unis (la Floride) et les Bahamas. En 1986 Jean- Claude Duvalier fut renversé et partit se réfugier dans le sud de la France. La fin de l’ère de Duvalier ne signifiait malheureusement pas celle de la dictature. Après le chaos politique qui poussa le générale Prosper Avril à démissionner en 1990, un semblant de normalisation de la politique apparu en vue d’élection sous contrôle international. En décembre face à un ancien chef des « Tonton macoutes » (la police de Duvalier) Jean- Bertrand Aristide fut élu président avec environ 70% des voix. Cet ancien prêtre, exclu de son ordre pour son soutien à l’opposition, était apparu comme le porte-voix des défavorisés. En 1991 une révolte sanglante renversa J-B Aristide qui s’exila aux USA. Le 19 septembre 1994 20 000 soldats débarquèrent en Haïti pour rétablir Aristide au pouvoir. Mais son mandat devait s’achever en 1995. Il désigna son successeur l’un des membres de la coalition gouvernementale, René Préval. L’ancien prêtre conserva pourtant la réalité du pouvoir. En novembre 2000 Aristide fut réélu président par une élection irrégulière et boycottée par les opposants. En quelques années, Haïti est devenu une des plus grandes plaques tournantes mondiale du trafic de drogue. Le 1er Janvier 2004 Haïti a fêté son bicentenaire de l’indépendance et les opposants réclamaient le départ d’Aristide. Dans la nuit du 28 au 29 février ce dernier dû s’enfuir. Le « Nouveau » gouvernement est maintenant composé d’un Président intérim : Boniface Alexandre, et d’un Premier Ministre : Gérard Latortue (qui est originaire des Gonaives).

Statistique :

Capitale : Port-au-Prince
Superficie : 27 750 km2
Diaspora : 1 à 2 millions de personnes
Population : 8 270 000 habitants
PIB/habitant : 706 $ en 2001
PIB : 5,3 milliards $ en 2001
Croissance du PIB réel : -1,7 %
Dette extérieure totale : 1791 millions $ en 1999
Revenu moyen par habitant : 377 $
Monnaie : gourde
Régime : présidentiel
Chef de l'État : Réné Préval , président
Chef du gouvernement : Gérard Latortue, premier ministre
Espérance de vie pour les femmes : 53 ans
Espérance de vie pour les hommes : 47 ans
Mortalité infantile : 111 pour 1000 naissances
Taux d'analphabétisme : 47 %
Langues officielles : le créole (depuis 1979) et le français (parlé par 10 % de la population)
Fête nationale : 1er janvier

Développement : Haïti est un pays, où il n’y a jamais eu d’équilibre politique. Haïti a vécut différents bouleversements : L’arrivée des espagnoles commença déjà à faire diminuer les richesses de l’île. Les français firent venir des esclaves d’Afrique, ils travaillaient dans les champs. Ces esclaves furent de plus en plus nombreux. La population française étant fortement masculine, les mélanges interraciaux furent légions. Au départ des colons français, le pouvoir fut abandonné aux habitants de l’île. Le problème du racisme (Blanc/Noir d’abord et Noir/Mulâtre ensuite) a toujours été très présent. Un noir au pouvoir pensait d’abord à venger les siens du régime d’un mulâtre, qui les avait oppressé et vice versa. Les régimes étaient toujours des dictatures très oppressives ! Sans que jamais il n’y ait eu de véritable leader du pays pour le faire sortir de sa misère. La dictature des Duvalier fut la plus longue de l’histoire d’Haïti et cependant la pauvreté ne fit que s’accroître durant cette période. Haïti est aujourd’hui un des plus pauvres pays au monde. Une partie importante de sa population survie dans des conditions très précaires. De plus, en moyenne, le revenu par habitant était de 377$ ?(~530 CHF) en 2001 contre environ 40’000CHF en suisse. La situation alimentaire en Haïti provoque depuis des années l’inquiétude des organisations humanitaires.

L’équilibre politique, comme nous l’avons dit plus haut, est très fragile. Le gouvernement est présidentiel : il y a le président et la délégation ! Pour assurer son pouvoir, le président donne du pouvoir à des milices et leur accorde quelques privilèges et responsabilités. Ainsi, Duvalier pouvait compter sur l’aide de sa police, les célèbres «Tontons Macoutes » ! A la chute, ou lors d’une démission du président, ces juntes militaires prennent le pouvoir et tentent d’asseoir leur pouvoir. Bravant ces états d’insurrection et de pauvreté, il est évidemment très difficile de faire parvenir des aides humanitaires à l’ensemble de la population. Il y a toutefois des ONG qui œuvrent en Haïti. EIRENE travaille pour le maintien de l’environnement en luttant contre le phénomène de l’érosion. L’EPER tente de fournir au moins 4 repas par semaine pour des jeunes écoliers, et d’autres groupes que nous ne connaissons pas encore… et GZAH (en construction). L’haïtien, vivant dans les campagnes et dans des endroits reculé, est néanmoins empli de fierté et combattant, comme le montre son histoire mouvementée. Il a du courage et espère toujours qu’il va pouvoir améliorer ses conditions de vie et celles de son entourage. Le vodou est encore pratiqué dans les campagnes, principalement, tandis que dans les villes, la tradition chrétienne est plus répandue. Comme ses ancêtres africains, l’haïtien a, à l’inverse de la tendance actuelle, une économie de subsistance. Il cultive pour lui et ses proches en ne cherchant pas à s’enrichir. Ce qu’il récolte, il le partage.

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